Les motivations de conserver les résidences secondaires, ou d’en acheter une, sont multiples pour les expatriés. Lien charnel avec ses racines, port d’attache pour les vacances, ou encore projet de retraite. Or, ce n’est pas toujours un long fleuve tranquille, entre pression démographique, durcissement fiscal et régulation du marché locatif.
Car la France détient le record des résidences secondaires. Selon les chiffres de l’INSEE et de l’Observatoire des territoires, on dénombre 3,7 millions de résidences secondaires, soit l’équivalent d’un logement sur 10. Avec des lieux privilégiés, sur les littoraux de la Côte d’Azur, la Bretagne, ou encore les Alpes, amplifié depuis la crise du COVID. Et on estime entre 15 et 20% de Français de l’étranger parmi les propriétaires de résidences secondaires. Et le pays serait désormais « archipélisé » avec des zones de forte concentration de résidences secondaires, créant des « bulles de richesse » qui transforment la géographie de la France.
Pourtant, si vous possédez une résidence secondaire, la facture s’est alourdie ces-dernières années. Avec un tournant sur la période 2004-2005. Car si depuis 2003 la taxe d’habitation a été supprimée pour les résidences principales, elle est pleinement applicable aux résidences secondaires. Plus encore, dans les zones dites « tendues », les communes peuvent appliquer une surtaxe de taxe d’habitation pouvant aller jusqu’à 60%. Dans le même temps, les taxes foncières ont connu une hausse de 7% en moyenne au niveau national, impactant directement les propriétaires non-résidents qui ne bénéficient d’aucun abattement. S’en suivent donc logiquement des mises en location sur AirBnb.
Et cela devient un « problème politique » selon Jérôme Fouquet, dans l’Echo touristique. La résidence secondaire ne serait plus seulement perçue comme un moteur économique local, mais comme un facteur d’exclusion. Car les résidences secondaires font monter les prix de l’immobilier, au point de les déconnecter des revenus des travailleurs locaux, chassant les jeunes actifs et les familles vers l’arrière-pays et créant des « communes fantômes » 8 mois sur 12. Ainsi, le ressentiment monte dans les zones touristiques. Pour les Français de l’étranger, cela signifie une acceptation sociale parfois plus difficile et un risque politique de voir les taxes locales cibler prioritairement ces « absents » qui consomment des services publics sans participer à la vie quotidienne de la cité. Ainsi, anticiper ces évolutions est la clé pour que ce lien avec la France demeure un plaisir et non un fardeau administratif et financier.


