Parents et syndicats tirent la sonnette d’alarme sur la hausse spectaculaire des frais de scolarité, les craintes sur la qualité pédagogique et le sentiment de désengagement de l’Etat.
Car si Emmanuel Macron a martelé son souhait de doubler le nombre d’élèves d’ici 2030, la réalité budgétaire est de plus en plus contrainte. Et les mesures financières annoncées par le gouvernement ne sont pas de nature à rassurer les parents. L’Etat souhaite ainsi réduire sa participation directe au fonctionnement des établissements. Autrement dit, les frais de scolarité seront de plus en plus être payés par les parents. Parmi les autres leviers, le remplacement des enseignants titulaires par les personnels recrutés localement, certes moins rémunérés, mais aussi moins bien formés. Des mesures de court terme, qui risquent donc de fragiliser l’ensemble à long terme.
Parents et organisations syndicales se mobilisent donc contre des mesures qui sacrifient les élèves sur l’autel des économies budgétaires. Car pour de nombreuses familles, l’école française à l’étranger devient un luxe inaccessible. Le président de la Fédération des associations de parents d’élèves des établissements d’enseignement français à l’étranger (FAPEE), réclame une visibilité et une transparence totale sur les chiffres. Les enseignants, eux, font état de tensions croissantes et une colère légitime. Les trois arguments clés pour contester cette logique sont : le risque de sélection par l’argent ; la baisse de la qualité pédagogique ; et le manque de vision stratégique.
Et la mobilisation est mondiale. Ils étaient 200 à Münich, le 30 avril dernier, à l’appel de la FSU et FO. Ce fût le cas aussi à Marrakech, où la hausse brutale des tarifs a provoqué un véritable séisme chez les parents d’élèves.
Les parlementaires des Français de l’étranger tentent donc de trouver des solutions. Samantha Cazebone propose une optimisation des ressources et une diversification des sources de financement. Frédéric Petit prône une gestion plus décentralisée et une responsabilisation accrue des établissements.
Et parmi les alternatives pour sauver le réseau, on peut proposer une remise à plat du système des bourses vers les familles les plus fragiles ; la sanctuarisation du budget de l’AEFE ; et une gouvernance partagée. Et cela pour que la France propose une éducation d’excellence, accessible au plus grand nombre, et qui ne transforme pas ses écoles en entreprises privées.


