Publié le 16 avril dernier, il n’a pas fait de bruit, mais modifie en profondeur les modalités d’information des Français de l’étranger à l’approche des prochaines présidentielles de 2027. Elle modifie l’accès effectif à la propagande électorale et donc à la participation démocratique des expatriés, par l’intermédiaire de la diffusion des professions de foi. Fini l’envoi postal, pour laisser place à l’envoi électronique, avec un site internet désigné par le ministère des affaires étrangères.
Un changement qui répond à des mesures d’économie, à l’heure de la dématérialisation généralisée. Il s’agit également d’une mesure de sécurité, en évitant de recevoir un courrier officiel français, ce qui pourrait s’avérer problématique dans certains contextes géopolitiques.
Et si sur le papier, l’intention est louable, elle soulève des interrogations dans la réalité. Elle pose notamment la question de la fiabilité des données, car l’inscription au registre consulaire n’est pas obligatoire. Une partie des Français de l’étranger échappe donc aux radars administratifs. Et les adresses électroniques enregistrées peuvent s’avérer obsolètes, malgré une actualisation théorique tous les 5 ans. On peut y ajouter la mobilité internationale, avec des électeurs inscrits dans un pas, mais pouvant être inscrits électoralement dans un autre.
Ainsi, certaines élections, comme celles concernant les Conseillers des Français de l’étranger, peut atteindre 70 à 75% d’abstention. Et la suppression de l’envoi des professions de foi peut introduire une barrière supplémentaire. Les parlementaires des Français de l’étranger poussent donc, en majorité, pour l’enregistrement consulaire obligatoire, pour garantir un accès à l’information. Car la modernisation ne peut être uniquement technique. Elle doit aussi être démocratique.


